Accueil
|
Retour
à la liste "18è siècle"
Donatien Alphonse
François, marquis de Sade est né dans une vieille
famille aristocratique. Il est éduqué à
partir de l'âge de 5 ans par son oncle paternel,
l'abbé de Sade. Ce libertin et historien de Pétrarque
saura lui donner une éducation non conventionnelle pour
l'époque...
Vers l'âge de 10 ans il entre chez les
jésuites. C'est lors de ces études, qu'il
découvre le théâtre et la scène, pour
lesquels il gardera une passion sa vie durant.
Puis à 14 ans il entre dans une école
militaire. Dès lors il vient fréquemment à
Paris et montre son goût pour la luxure en fréquentant des
actrices et des courtisanes.
Demobilisé à 23 ans, sa
famille le contraint à se marier avec
Renée-Pélagie de Montreuil, fille d'un riche
magistrat. Quatre mois après son mariage il est
incarcéré suite à des excès dans une maison
close. Rapidement libéré grâce à
l'intervention de son père, il doit rester en résidence
obligatoire pendant quelque temps. Puis, autorisé à
aller et venir, il découche fréquemment chez
diverses actrices, danseuses, prostituées... tout en ayant
deux fils de son épouse.
Après une seconde
incarcération de six mois en 1768 pour flagellation, il
est accusé en 1772 d'empoisonnement pour avoir rendu
malade une prostituée à qui il avait fait prendre
des dragées aphrodisiaques. Il s'agissait de la cantharide
officinale ou "mouche espagnole", sorte de coléoptère
toxique ayant la particularité de faire grossir les
parties génitales ! Arrêté et
condamné, il n'est libéré qu'en 1790. C'est
pendant cette longue période d'emprisonnement que Sade a
écrit la pluspart de ses oeuvres.
Sans ressources, Sade essaie de faire jouer
ses pièces de théâtre pour pouvoir survivre.
Il est à nouveau arrêté en 1801 à cause de
ses écrits outrageux et de leur violence pornographique et
interné à l'asile de fous de Charenton. Il va y
rester jusqu'à sa mort. Il aura passé 30 années de
sa vie en prison.
La vie de Sade traduit l'esprit de ses
écrits : libertin, athée, scandaleux,
provocateur... C'est à partir de son nom que le psychiatre
Krafft-Ebing à forgé le mot sadisme pour
décrire l'excitation sexuelle d'éprouver du plaisir
à infliger de la douleur (algolanie). Cependant, lire ses
œuvres uniquement sous cet angle relève d'une approche
superficielle. Sade est d'abord un philosophe. Attaquant la
morale de son époque, qu'il juge hypocrite, il examine en
fait les préjugés, les valeurs et les conventions
sociales des Lumières, attaque systématiquement
l'opinion dominante pour défendre les vices au nom de la nature
et de la libération de l'homme.
"Oui, je suis libertin, j'ai conçu
tout ce qu'on peut concevoir dans ce genre-là, mais je
n'ai sûrement pas fait tout ce que j'ai conçu et ne le
ferai sûrement jamais. Je suis un libertin, mais je ne suis
pas un criminel ni un meurtrier." (In Dialogue entre un Prêtre et un
Moribond - 1782)
Longtemps interdit, Sade
n'est entré dans La Pléiade qu'en 1990 ! Ces
écrits ont eu une influence considérable sur les
surréalistes.
Oeuvres en ligne
« L'érotisme est un pouvoir sexuel sans
borne, illimité, démesuré.
Il faut le craindre »
On trouve quelques uns de ses rares
poèmes dans
Écrits de la
Bastille - 3 textes inédits
(Ed. Trait d'union, Montréal, 2000)
Extrait
|