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Fils
d’un officier de marine issu d’une famille de marchands, Saint-Amant
n’apprit pas les langues anciennes mais, par une curiosité
naturelle, se forma dans la société de quelques hommes
instruits. Grand voyageur, il visita plusieurs pays d’Europe
(nommé gentilhomme ordinaire de Marie-Louise de Gonzague, Reine
de Pologne, il résida notamment deux ans à Varsovie),
l’Amérique du Nord, le Sénégal, les Indes, parlait
plusieurs langues vivantes, s’intéressait à la musique,
à la peinture, aux sciences...
Durant sa jeunesse et son âge mûr, il hanta les cabarets
où il puisa certainement son inspiration pour écrire ses
pièces bachiques et libertines, d’une verve joyeuse et d’un
style haut en couleur, qui en font très vite un poète
libertin original à la réputation fantasque et
capricieuse. «Ce poète avait assez de génie pour
les ouvrages de débauche et de satire outrée…»
(Boileau). Il inaugura le style qualifié de
«burlesque» ; son œuvre se démarque clairement de la
tradition académique par un vocabulaire, un rythme et des images
où brillent un éclat baroque. Élu,
dès sa création en 1634, membre de l’Académie
française il y limita sa collaboration à la
rédaction des mots burlesques du Dictionnaire.
Il passa cependant les dernières années de sa vie dans un
calme modeste et mourut dans la misère.
Outre son Moïse et ses Œuvres poétiques
(1629-1643-1649), Saint-Amant a publié : Rome ridicule, petit poème burlesque
(1643), Stances sur la grossesse de
la Reine de Pologne (1650), Stances
à M. Corneille sur son Imitation de Jésus-Christ
(1656) et Génération
(1658). Ses oeuvres complètes sont sur Gallica, le site de la BNF.
Onzain
Un ministre puritain...
Sonnet
Entrer
dans le
bordel...
Avant le lever du soleil - 1922
Aquarelle de Gross Georg Ehrenfried (1893-1959)
Kunst bibliothek de Berlin
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