Tu m'as incardié*,
ma soeur-fiancée, tu m'as incardié d'un seul de tes yeux,
d'un seul joyau de tes colliers.
Qu'elles sont belles, tes étreintes, ma soeur-fiancée,
qu'elles sont bonnes tes étreintes, plus que le vin !
L'odeur de tes huiles plus que tous les aromates !
De nectar, elles dégoulinent, tes lèvres, fiancée
!
Le miel et le lait sous ta langue, l'odeur de tes robes; telle l'odeur
du Lebanôn !
Jardin fermé, ma soeur-fiancée, onde fermée,
source scellée !
Tes effluves, un paradis de grenades, avec le fruit des succulences,
hennés avec nards ;
nard, safran, canne et cinnamome avec tous les bois d'oliban; myrrhe,
aloès, avec toutes les têtes d'aromates !
Source des jardins, puits, eaux vives, liquides du Lebanôn !
Elle :
Éveille-toi, Aquilon ! Viens, Simoun, gonfle mon jardin !
Que ses aromates ruissellent !
Mon amant est venu dans son jardin; il mange le fruit de ses
succulences.
* rendu fou