Statyllius
Flaccus est un poète peu connu. Selon Gassendi, dans sa Vie d'Épicure, il serait
l'épicurien Statilius, ami de Caton d'Utique. Lorsqu'il
rejoignit Brutus en Macédoine, il fut tué à la
bataille de Philippes (42 av. J.-C.).
Le vœu trahi
(Epigrammes 25 à 27)
I
« Que Polémon revienne en son intégrité.
»
J'adressai cette prière à Phébos
Et lui promis un coq en sacrifice
S'il exauçait ma volonté.
Certes, j'ai revu Polémon,
Mais, hélas, sa joue n'est plus lisse :
Il a des poils sur le menton !
Non, Apollon, il n'est pas revenu !
Malheureux que je suis ! Il m'a vite échappé !
Quant à ce coq, ô dieu, n'y crois plus guère !
Surtout, ne cherche pas à me tromper
En faisant un épi d'une paille vulgaire !
II
S'il revenait ici , mon tendre Polémon,
Lui que j'ai vu partir,
Je t'aurais immolé un coq, ô Apollon !
Bien sûr, il est sauf, mais ne crois pas en finir !
Il est barbu : pour moi, il n'est pas sauf du tout !
Peut-être a-t-il voulu de l'ombrage à ses joues ?
Qu'il sacrifie donc, lui, et ce sera très bien
Puisque ses vœux furent à l'opposé des miens.
III
Comme les tiennes, Apollon
Vierges étaient les joues de Polémon.
Il s'en alla. Mais je promis à son retour
De te sacrifier un volatile.
Polémon me revint un jour,
Hélas, tout hérissé de poils hostiles.
Non, ce n'est pas pour ce visage austère
Que j'avais fait une telle prière.