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à la liste "19è siècle"
II
Viens à moi, dit-elle.
Oh! viens sur mon aile,
Dans un pays d'or
Qu'un nectar arrose,
Où tout est fleur rose,
Joie, amour éclose,
Plaisir ou trésor !
Mes sujets par troupes
Dans le fond des coupes
Aspirent l'oubli !
Là jamais de nue,
D'amour contenue,
De foi méconnue
Ou de front pâli !
Jamais dans la salle
Belle et colossale
De lustres éteints,
Car dans nos demeures,
Tandis que tu pleures,
Les jours et les heures
Sont tout aux festins !
Une longue danse
Entoure en cadence
L'éternel repas.
La danseuse penche
Doucement sa hanche,
Et sa robe blanche
S'ouvre à chaque pas !
Les foules ravies
Aux tables servies
Des plus riches mets,
Parmi la paresse
Où l'amour les presse,
Goûtent une ivresse
Qui ne meurt jamais !
Un harem frivole
Dont le chant s'envole
Jusqu'au ciel riant,
Pour sa grande orgie
Hurlante et rougie
A la Géorgie
Et tout l'Orient !
Quitte, ô blond poëte,
La couche défaite,
Ce livre connu,
Et viens dans la plaine
Où sous ton haleine
Chaque Madeleine
Mettra son sein nu !
Oh ! si l'espérance
Malgré ta souffrance
Te sourit encor,
Va ! laisse pour elle
Ta folle querelle,
Et viens sur mon aile
Dans un pays d'or !
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