Après une
enfance bucolique au sein d'une famille protestante et de petite noblesse, Théophile l'adolescent s'initie à la débauche ; poète à gages, il suit une troupe de
comédiens errants. En 1615, il s'installe à
Paris et entre au service du comte de Candale en qualité
de secrétaire poétique. Il a des façons impies
et licencieuses qui flattent l'hostilité de l'aristocratie
face au despotisme croissant.
Son écriture est
aisée et innovante. C'est un moderne. "Il
faut
écrire à la moderne ; Démosthène et Virgile
n'ont
point écrit en notre temps, et nous ne saurions écrire en
leur siècle ;
leurs livres quand ils les firent étaient nouveaux, et nous en
faisons
tous les jours de vieux." (in Première journée)
À travers
les odes et les stances, les satires et les épigrammes du
premier recueil de ses Oeuvres
poétiques (1621),
Théophile confesse son libertinage spirituel avec une
telle candeur et un tel succès que la morale en vigueur
s'en offense. Le scandale s'aggrave encore, en 1622, par la
publication du second recueil de ses oeuvres et surtout celles,
sans son accord,
des Délices et
du fameux Parnasse satyrique.
Il fait deux ans de prison où il
écrira quelques-unes de ses meilleurs pièces. On
lui reprochait surtout ses croyances très libres et ses
pratiques homosexuelles.
"Je veux faire des vers qui ne soient pas
contraints"
(in Elégie à une dame)
Banni, puis
gracié, il mourra des suites de sa captivité, un an
après sa libération, à l'âge de 36
ans. Il sera le poète le plus lu au 17ème siècle.
Puis, oublié au 18ème,
il sera redécouvert par les romantiques,
notamment Théophile Gautier.