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Tristan
Corbière est né Edouard-Joachim Corbière
près de Morlaix, en Bretagne, d'un père marin,
journaliste et romancier et d'une mère d'origine antillaise de
33 ans plus jeune que son père.
A 15 ans il écrit son premier poème l'Ode au chapeau alors qu'il est au
lycée à ST-Brieuc. Deux ans plus tard il est atteind des
premiers symptômes de la tuberculose, maladie qui lui interdira
tout travail dans sa courte vie, la fortune bourgeoise de sa famille
pourvoyant à ses besoins.
Il vie tout d'abord à Roscoff dans la maison
de vacances de ses parents où lit Baudelaire, Byron, Hugo, Musset,
Lamartine ainsi que les oeuvres de son père (auteur de nombreux
romans dont les héros sont des marins bretons), et où il
écrit des satires, dessine des caricatures et se passionne pour
l'océan. Il se rend célèbre par des farces et
canulars dont sont victimes les habitants de Roscoff : en costume
d'évèque il bénit de son balcon la population
scandalisée, se déguise en femme...
Après un voyage de quelques mois en Italie en
compagnie d'artistes peintres, il rencontre Armida-Joselina Cuchiani,
une actrice italienne, femme du comte Rodolphe de Battine, qu'il
baptisera Marcelle et dont il
tombe éperdument amoureux, amour impossible...
" Et ma
moitié : c'est une femme...
Une femme que je n'ai pas. "
(Paria)
Il se lie avec le
couple, les promène en mer et les suit à Paris en 1872
où il participe alors activement à la vie de
bohème du Montmartre des peintres ratés et des filles de
joie. Dès 1873 la revue La vie parisienne publient
plusieurs de ses poèmes mais il doit faire paraître
à ses frais son unique recueil Les Amours jaunes,
dédié à son père et à Marcelle. Sa
poésie est novatrice et prends des libertés
vis-à-vis de l'orthographe et de la ponctuation. Le livre passe
inaperçu, il meurt de la tuberculose deux ans plus tard alors
qu'il n'a que 30 ans.
" - Allons ! la vie
est une fille
Qui m'a pris à son bon plaisir...
Le miens, c'est : la mettre en guenille,
La prostituer sans désir. "
(Paria)
Corbière ne
sera tiré de l'ombre que dix ans plus tard par Verlaine, dans son étude des Poètes maudits, puis
par les surréalistes.
" Mon blazon pas
béguele
est comme moi faquin
Nous bandons à la gueule
Fond troué d'arlequin. "
(Dédicace des Amours jaunes
à son beau-frère)
"- Voyez à
l'horizon se soulever la houle ;
On dirait le ventre amoureux
D'une fille de joie en rut, à moitié
soûle..."
(Gens de mer -
La fin)
Le Phare
"Tout s'en va... tout ! La mer...
elle n'est
plus marin !
De leur
temps, elle était plus salée
et sauvege.
Mais, à présent, rien n'a plus de
pucelage...
La mer... La mer n'est plus qu'une fille à
soldats !..."
(Gens
de mer - Matelots)
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