POESIE EROTIQUE
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De La Valletrye - A Frédégonde
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A Frédégonde



Vous accoutrant de plâtre ainsi que des poupines
Et vous couvrant de fard du front jusqu’au menton
Vous décevez les sots, comme d’un faux teston*
L’on trompe en un marché les personnes peu fines.

J’aimerais mieux étreindre un fagot fait d’épines,
Qu’embrasser votre corps si chaud et si glouton,
Non de chair de bœuf cuite, ou de chai de mouton,
Mais de celle qu’on donne entre quatre courtines** :

Tellement, aussi bien, l’âge vous a surpris
Que vous ne pouvez plus embraser nos esprits
Si quelques gros valets au fort ne s’en échaude,

Avec qui je crois bien que vous passez le temps
Car ces petits charbons qui vous servent de dents
Sont témoins naturels que vous êtes bien chaude.



* ancienne pièce d'argent
** rideaux de lit



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