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17è siècle
Voici
mon amour sur la touche :
Jugez s'il marque nettement,
Et si sa pointe se rebouche,
Dans la peine et dans le tourment.
Mais en l'état où je me trouve,
Qu'est-il besoin de cette preuve,
Pour vous montrer que ma langueur
Et que ma constance est extrème ?
Ne le savez-vous pas vous-même
Si vous m'avez touché le coeur ?
Je croirais avoir trop d'amour,
Et de vous être trop fidèle,
Si vous n'étiez qu'un peu plus belle,
Que l'Astre qui donne le jour.
Mais puisque le reste du monde,
N'a rien de beau qui vous seconde ;
Et que tout cède au Dieu vainqueur
Que votre bel oeil emprisonne,
Il ne faut pas que je m'étonne,
Si vous m'avez touché le coeur.
Vous ne sauriez douter de moi,
Ni de la peine que j'endure,
Pour servir une âme trop dure :
Car la touche vous en fait foi.
Sans être donc plus recherchée,
Souffrez aussi d'être touchée,
Et dépouillez cette rigueur,
Qui rend votre beauté farouche.
Je vous puis bien toucher la bouche,
Si vous m'avez touché le coeur.
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