Eros coquillage
La mer
est calme
Et bleue aux vagues alanguies.
Sur la plage un couteau
Tout fraichement éclos
Dans
la rosée du sable
D’un orifice sombre
Comme la nuit s’évade
Et va,
Et vient,
Et va
Dans l’humide matin.
Il cherche coquillage
Aux lèvres amicales
A qui conter voyages
Et suaves glissand’eau.
La coque délicate
E n t r o u v r e ses faux-jours
Lisses et brûlants d’amour.
La mer laisse sur elle
Les liqueurs acres et douces
Et ,elle, se fait puits
Elle se fait chemin
Elle se fait abîme
Elle se fait arôme....
Le couteau luit, raconte,
Et glisse confidences.
Semant fines troublances
Le coquillage rose
Ne peut plus retenir
De refermer
Sur lui ses lèvres tendres
Afin de mieux garder
Afin de mieux entendre
La chaleur du matin qui envahit ses chairs
Irradiées
Au delà
Du sable
Et de la mer
Bien loin
Vers l’horizon
De couleurs
Embrasé.