L'Homme
Je dédie ces vers à l'Homme,
à sa beauté et à sa force, à son
émouvante puissance de laquelle je ne peux me passer... A tous
ceux qui m'ont aimée, à ceux qui m'aiment d'une
façon ou d'une autre aujourd'hui, aux inconnus, à ceux
qui ont bien voulu honorer ma Salle
d'Armes...
A Elav, par-delà tout et tous, mon homme.
Les poètes ont chanté tant de fois les louanges
De mon corps féminin, mi-démone, mi-ange,
De mes courbes douceurs à mes griffes félines
De mon regard de feu à ma taille si fine...
Il est temps que je prenne à mon tour la parole
Faisant fi des coutumes et de toutes écoles
Car aujourd'hui je veux proclamer ta beauté
Homme, dans le silence, ta mâle volupté.
Souvent je te contemple, tel un dieu descendu
De l'Olympe à la Terre, dans ton mystère nu
Sans futiles atours, offrant à tes mortelles
Le spectacle divin : ta force originelle.
De tes mains empoignant à tes yeux exigeants
Je mesure et savoure la chaleur de ton sang
Caresse du regard tous tes muscles bandés
Et rêve d'être à toi pour enfin t'honorer.
Sur ton torse aux douceurs soyeuses et velues
Mes mains passent et repassent, frémissent éperdues
S'égarent aux confins de ton ventre durci
Et puis soudain s'arrêtent pour devenir ton nid.
Je n'ose pas y croire tant mon coeur bat si fort
Se peut-il que j'approche encor plus de ton corps ?
Se peut-il que l'oiseau ne s'envole trop vite ?
Que ma seule caresse apprivoise le mythe ?
En cet instant secret je touche ton essence
Alors que tu réveilles un à un tous mes sens
Homme de chair et de sang, qu'on dit impitoyable
Dur et froid comme acier, aux instincts effroyables...
Non ! Tu n'es point cela ! J'en donne cette main
A couper s'il le faut, cette main qui te tient
Cette main qui frémit quand tu grandis en elle
Sous ton armure d'or je sens vibrer tes ailes.
Entre l'ange et la bête tout simplement je t'aime
Homme à qui je dédie mes écrits, mes poèmes
Mais plus encore mes cris, mes plaisirs, mes délires
Car toi seul sait donner tout ce que je désire...