Le rayon vert
T’aimer dans le soleil ivre du premier jour
Comme une coulée d’or qui enlace nos corps
Quand les rayons liquides descendent sur mes jambes
Se répandent
Se répondent, ta sève se mêle à l’eau de ma
rosée
Et je sens ton regard me caresser déjà.
T’aimer dans la froidure des armes
On peut se battre encore longtemps, tu m’as dit,
Mais j’ai les yeux pleins de larmes
Et tu bois à cette source aussi
Jusqu’à ce que je te souris
Jusqu’à ce que la rose s’ouvre
Jusqu’à ce que je crie
Dans la nuit tu me désarmes
A jamais triomphante.
T’aimer dans le velours du soir d’été
Dans le satin des draps trop fins déchirés,
inondés, étoilés de notre plaisir,
Dans l’ombre des jardins où je m’enfui
Où tu me retrouves toujours
Où tu me renverses et je crie mais on est seuls,
Où tu fustiges mon corps des branches dorées du
crépuscule…
Enfin je m’abandonne à tes mains et au soleil qui s’enfonce dans
ma chair
En un coucher plus chaud que le midi.
T’aimer dans la douceur préservée des tropiques
Et je sais que la réalité dépasse même nos
rêves
Lorsqu’enfin dans mon lagon tu pénètres
Je suis ta reine et ton esclave
Vahinée nue sous le rayon vert
J’aime quand ta main parcourt mon corps vanillé
Je ne sais plus si je commande ou si j’obéis
Femme simplement à ton regard dédiée.
T’aimer dans le ciel défoncé
Dans les éclairs qui me zèbrent et je te frappe parce que
je peux plus…
T’aimer dans le temps ouvert à l’éternel
Jusqu’à ouvrir toutes les portes inédites
Adam et Eve n’ont pas de craintes
Et le monde nous appartient je le sais
Je le sens
Lorsqu’enfin tu me prends
C’est une aurore boréale
Abyssale et animale
Primale
Verticale et horizontale
Zéro à l’infini sur mes courbes.
T’aimer c’est une aurore initiale
Virginale
Orale, anale et vaginale…
T’aimer c’est une aurore mondiale
Du premier jour jusqu’à toujours.