Je cherche un petit bois
touffu,
Que vous portez, Aminthe,
Qui couvre, s'il n'est pas tondu
Un gentil labyrinthe.
Tous les mois, on voit quelques fleurs
Colorer le rivage ;
Laissez-moi verser quelques pleurs
Dans ce joli bocage.
- Allez, monsieur, porter vos pleurs
Sur un autre rivage ;
Vous pourriez bien gâter les fleurs
De mon joli bocage ;
Car, si vous pleuriez tout de bon,
Des pleurs comme les vôtres
Pourraient, dans une autre saison,
M'en faire verser d'autres.
- Quoi ! vous craignez l'évènement
De l'amoureux mystère ;
Vous ne savez donc pas comment
On agit à Cythère ;
L'amant, modérant sa raison,
Dans cette aimable guerre,
Sait bien arroser la gazon
Sans imbiber la terre.
- Je voudrais bien, mon cher amant,
Hasarder pour vous plaire ;
Mais dans ce fortuné moment
On ne se connait guère.
L'amour maîtrisant vos désirs,
Vous ne seriez plus maître
De retrancher de nos plaisirs
Ce qui vous donna l'être.
Vers
1730
- in receuil La gaudriole, Chansonnier joyeux,
facétieux et
grivois par Messieurs Béranger,
Désaugiers, Collé, A. Gouffé, L. Festeau, J.
Cabassol, Jacquemart, Aug. Gilles, H. Simon, Albert M., Dauphin,
Moinaux, etc.... Première Edition chez Les Marchands de
Nouveautés (1834), réédité plusieurs fois
dont en 1849 Chez les Frères Garnier.
- Ce texte porte
parfois le titre Gaillardise
sous la forme d'une chanson : on peut en
lire la partition et écouter un fichier midi ici