POESIE EROTIQUE
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Wallâda (994 - 1091) & Ibn Zaïdoun (1003-1070)
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Wallâda Bint al-Mustakfi, princesse andalouse, fille du dernier Khalife Omeyyade de Cordoue, Mohamed Al-mostafki, fut une grande poétesse qui tenait salon littéraire où recevait l’élite intellectuelle de l’Europe, vêtue d’une tunique blanche sur laquelle était brodé en lettres d’or : « Je suis capable de grandes choses et je poursuis mon chemin altièrement » et "A mon amant j'offre ma joue et à celui qui le désire, je donne un baiser !"

Blonde plantureuse d'une grande beautée, elle ne portait pas le voile et avait de nombreux prétendants. Elle organisait des joutes de poésie où elle exprimait ses sentiments avec liberté et audace, ce qui lui a valu de nombreuses critiques, mais aussi quelques défenseurs, comme Ibn Hazm.

Le poète andalou, Ibn Zaïdoun, tomba amoureux d'elle. La poétesse lui accorda un rendez-vous par le distique suivant :

Attends ma visite à l'heure où la nuit devient obscure, car la nuit  est le meilleur moyen de garder les secrets.

Ce que je ressens pour toi, si la lune l'éprouvait, elle ne se montrerait pas ; si la nuit l'éprouvait, elle ne ferais pas tombre ses ténèbres ; si l'étoile l'éprouvait, elle ne marcherait plus dans la nuit.


Ibn Zaïdoun fut emprisonné par un rival richissime, le vizir Ibn Abdûs, qui pris la jeune femme dans son harem. Le poète s'échappa de la prison et envoya un long poème à la jeune femme pour lui demander de fuir avec lui. Voici la fin de ce poème :

Si la pleine lune des ténèbres s'inclinait amoureusement vers nous de l'endroit où elle se lève, elle ne ferait pas changer notre désir.

Garde la promesse, même si nous restons séparés. Pour moi, je me contenterai du souvenir de l'image vue en rêve.

Dans ta réponse sera ma joie si tu augmentes par elle les faveurs dont tu as toujours été généreuse.

Et j'appelle sur toi le salut d'Allah, tant que durera ton amour que tu caches, même à moi...


Ibn Zaïdoun ne revera jamais la princesse Wallâda, elle restera dans le harem, pour des raisons politiques et également par jalousie, la princesse reprochant au poète de l'avoir trompé avec sa servante, une belle esclave noire :

Si tu avais fait preuve d'équité à l'égard de notre amour, tu n'aurais pas aimé ma servante, la préférant ainsi à moi-même.

Tu as délaissé une belle branche chargée de fruits mûrs pour aller vers une autre qui en était dépourvue.

Tu savais pourtant que c'est moi la pleine lune du firmament, mais tu as préféré, pour mon malheur, aimer Jupiter.

 


> Textes d'après traductions de :

- Belmehal Mentfakh in Les plus beaux textes arabes, réunis par Emile Dermenghem (Ed. La Colombe, 1951)

- Hadjadji Hamdane in Florilège de la poésie andolouse au féminin (Ed. Bachari, 2009)


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