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Gentille maman, que je meure,
Si depuis ces deux mois d'été,
Tu ne te branles dix fois l'heure ;
Je fais de même, en vérité.

Tu rougis ? Essayons ensemble.
N'approuves-tu pas mon dessein ?
Comme tu soupires et trembles !
Laisse-moi dénuder tes seins.

Maintenant, plus bas, dans ta louve ;
Elle s'avive sous mes doigts.
Toi-même, belle, tu me trouves,
Tu t'agenouilles devant moi.

O dieux ! ta bouche fellatrice
Me comble de ravissement !
Plus vite, afin que je jouisse...
Ah ! je jouis, chère maman !

De folle liqueur polluée,
Ivre d'un phallus aussi gros,
Ta noire gerbe dévoilée,
Tu te renverses sur le dos.

Un tournoi d'archanges s'annonce !
Je frémis, mon glaive se tend.
Dans la toison où je m'enfonce,
Le fracas muet du printemps.

Je suis le prince de ta fente !
C'est beau de t'entendre gémir.
Mets ta main, il faut que tu sentes
Ce pénis entrer et sortir.

Je te tisonne, je te fouille,
Tes jambes ceinturent mes flancs,
Tu jouis sans répit, tu mouilles,
Tu décharges sur ton enfant.

Je fus doté d'un sexe d'âne
Pour te foutre jusqu'au matin.
Je te déprave ! tu me damnes !
Je t'adore, belle catin !

Ruisselante, tu me renverses,
Tu chevauches sur mon épieu ;
Jusqu'au diaphragme il te transperce :
J'en vois le tison dans tes yeux.

Lucifer, exalte mon rêve !
Vase ultime de mes exploits,
Que cette croupe se soulève
Et m'offre un chemin plus étroit !

Tu te retournes, ma sirène;
Je me déchaîne sur tes reins ;
Ton dos est comme une carène
Que presse un nageur sous-marin.

O merveille ! je sodomise
Cette beauté qui m'a conçu.
Né de ta vulve, dame exquise,
Je vais expirer dans ton cul.

 

Note : ce poème date de 1964. Une version plus tardive (1982, revue Artère, n°5) a transformé ce poème en celui de L'épouse infidèle. Lely s'en explique dès 1964 dans une lettre à René Char  : "J'ai supprimé tous les mots obscènes et renoncé à l'inceste pour l'adultère, plus répandu, et qui donne conséquemment un caractère moins spécial à mon poème, que j'ai voulu celui de la volupté."

© Gilbert Lely
in Poésies complètes - Inédits et autres poèmes (Tome II - Ed. Mercure de France, 2000) - p. 111-113