Chambre
d’échos
Depuis que j'ai goûté
à ton foutre, je suis chevillée à tes pieds. La
première fois, c'était dans une forêt blanche de
bouleaux. En plein ciel, tout fait signes. Ton pôle
magnétique plus que tout.
Ma boussole affolée, je t'ai
plaqué contre un arbre. En un mouvement, j'ai noué ma
langue au carambolage de tes veines, j'ai tutoyé ta
quintessence, caressé ton bulbe soyeux. Ma bouche s'est
cramponnée à tes racines mûres pleines à
craquer. Je veux te faire l’amour comme un sphinx dans les
cendres de l’automne. En plein ciel, tout fait signes. Écoute.
Le vol d’une chouette précipite nos chuchotements sur les
lichens nacrés. Viens que je t’écosse, tandis que ma
nudité offerte bruisse à l'unisson de tes veines. Comme
c'était bon de me sentir amarrée à toi.
Je sens encore les écorces
répercutant les fragrances de nos corps, éclos dans les
sentiers mouillés de nos sueurs. Depuis, ta semence suit la
lente procession des équinoxes. Elle forme en moi des rigoles.
Elle draine en moi le long déploiement d'un poème. Elle
me peuple de génies et de fées. Son existence me donne ma
pleine signification. Je voudrais encore qu'en moi tu te
déposes. Mon ange. Donne-moi encore de ton pollen. Mets-le au
fond de mon Eden, là où nos échos se
répondent. Oui. Là, mon ange.
© Mademoiselle
K