La branleuse
(adaptation du poème
du même nom d'Albert
Glatigny)
Au collège
Sainte-Amande-Des-Gueuses
il est une jeune fille qu'on surnomme
la branleuse.
A la sortie de l'école, au
détour d'un sentier
elle attend chaque jour sous un églantier
que passe un homme.
A douze ans, ses doigts très
alertes
font d'elle une experte.
Ils vont, selon l'envie, des couilles au gland,
se promener d'un pas rapide ou nonchalant
tel le vol hasardeux des papillons
sur les tiges en floraison.
Et quand, sous l'effet de ses petites
mains caressantes,
elle voit jaillir des noeuds pressés le foutre en larmes blanches
telle la sève des arbres qui perle à la pointe des
branches,
elle songe qu'un jour enfin l'un d'eux jouira dans sa fente...
©
Cyr