L'exilée
Elle maquille son gagne-pain,
ses lèvres roses et fatiguées,
ses lèvres de putain
et non celles qui pensent "aimer..."
Chaque jour pourtant
elle prend le temps
de parer sa corne d'abondance
pour accueillir celle de la finance,
pour faire monter
jusqu'à Wall-Street ou Tokyo
leurs bourses pleines et gonflées
d'une semence stérile, d'un impur glaviot.
Et pourtant elle rêve
de ses natives côtes bretonnes
où la mer et ses flots
la soulèvent et l'étonnent,
puis, forte de cette trêve
elle s'en retourne au tripot.
©
Cyr