Miels
à V.
Ô miel
Calice malice
Qui coule et glisse enjoleur
Comme nos deux corps que je fantasme
Comme tes cheveux sur tes épaules
Cascade de miel...
Ô belle et douce Milady
Aux charmes tendres
J'aime la caresse de ton regard,
Cils clairs de chatte,
Pupilles luisantes en désir
Accrochées à l'écorse dressée
De mon arbre, force tranquille
Qui s'élance vers le ciel de tes
Baisers de miel...
Attraction à fleur de texture,
Jeu de tes lèvres qui s'arriment
Un court instant
Au sommet épanoui
De ma chair levée
Pour y récolter une goutte,
Butin de plaisir intime
En ton palais délecté,
Larme secrête de miel...
Envol des âmes en volutes,
Ta bouche frémit d'écume
Mêlant nos salives, jus d'amour.
Un souffle sensuel soulève tes seins,
Sur leurs bouts roses s'enrobent mes mains.
Ah ! quelle peau douce et chaude
Au creux d'or de mes paumes !
Petits pains de soleil que je pétrie
Légers sous mes doigts fins
Comme le vent le long des blés,
Seins nus, jeunes fruits juteux
Où je respire heureux des
Parfums de miel...
En ces senteurs troublantes je nage
Et mes mains, à ton ventre
Rond et lisse,
S'égarent au safran du pubis
Où les lignes de l'aîne me mènent,
Géométries somptueuses !
Là, d'un doigté subtil
Je distille à ton triangle d'or
L'ambre humide de
Mille miels...
Ici s'offre, au confin des cuisses,
Ta source, fleur entr'ouverte à mes rêves.
Ma langue, d'une pointe isocèle,
Y tisse délicate des songes de dentelles
Et s'enroule à l'onde qui s'écarte frémissante,
Où, d'une soif soudaine et sauvage,
Je m'épanche d'un hydromel à l'ivresse unique :
Sexe sucre
Sirop de velours
Alcool feu
Où fond ma
Bouche de miel...
Ah ! je me saoule de ta fente à fièvre
Eau de vie
Tourbillons de lave
Volcan de valses folles !
Envie de possession, de corps qui se collent :
Une résine ferme gonfle mon écorce,
Dureté d'impatience, sève sanguine !
En navire de proue, je remonte, fier
L'estuaire de tes jambes
Et te fends enfin, de ma flèche,
Arc bandé entre tes
Lèvres de miel...
Tes fesses, astre d'or,
Dans l'empire de mes mains,
Je te prends,
D'une fougue longue et suave.
Nos corps en sueur dansent,
Courbes tensions - huiles torsions -
Danses slaves, l'un dans l'autre esclaves.
Echanges et transports sans pareils,
Intime symbiose
animale et végétale.
Luxe et volupté,
Flux et reflux de nos
Brûlants miels...
Dard pistil - tige eau -
Au doux lait de ta peau
J'infuse mon dur désir.
Ton cul ondule, souple,
A mon ancre pleine.
Je glisse dans ton ventre mélisse
Et ta croupe des reins se fait
Lune de miel...
Je m'expends, lys ardent,
Jusqu'à tes seins tendus
Et, tel un cri, je traverse ta gorge !
T'investi de part en part.
L'ascension s'achève en sève,
J'irradie ta bouche de jouissance,
Mielleuse essence versée, orgasme miaulé,
Puis hurlé en fête tempête partagée
Secouant de spasmes nos sexes,
Mêlant, inextricables, nos
Extatiques miels !
2009 © Cyr