Les
puristes
- Essai lesbien -
Leurs longs cheveux s'enmèlent
En de tendres et langoureux baisers,
Leurs paumes à tire d'aile
Glissent sur leurs seins dressés.
Ô femmes si belles !
Spectacle saphique sulfureux
A l'abri des hommes, de leurs regards
Et surtout de leurs monstrueux dards...
Ô femmes entre elles !
Echange d'anges bienheureux...
Et si dans leurs ébats, il est des consonnances phalliques,
Ce n'est guère, mais ô combien érotique,
Qu'un doigt ou un téton dur et rose
Qu'en leurs humides vulves soudain elles osent
Tremper d'un geste famélique !
Sinon, ce n'est que frottements
Peau à peau
Ou succions de clito
En des rythmes d'un luxe lent...
Point de bête à deux dos
Mais des embrassements
En face à face ou 69,
Au fil de leurs eaux
- Puits - fontaines - torrents -
Au gué de leurs plaisirs sans cesse neufs...
Non ! Sappho ne s'est pas suicidée
Pour l'amour d'un homme,
Elle n'a pas croqué la pomme
d'Adam au cou d'Alcée
*,
Elle est resté à jouer de sa langue
Au creux des cons et clitoris
Aux doux parfums et goût de mangue
De ses soeurs Congylas et Agalys !
* poète
contemporain de Sappho
© Cyr