Symbiose
A l'approche du printemps
Je sens qu'il est temps
De mêler à ta fleur mon arbre phallus
De voir reverdir nos corps humus
Et le vent coquin accompagne
Mes désirs de campagne
D'un souffle de luxure il dérobe
Un parfum troublant sous ta robe,
Sous les blanches broderies
De tes jupons fleuris :
La brise errante
Des cuisses aimantes
Une odeur de chaudes moissons
Un zéphir de frais gazon
Une fragrance de piquants frissons
Un arôme de doux buissons
Une mélodie qui m'enivre
Et me font sonner en cuivre
La charge du rut vers ta fleur
L'envie dressée haute en couleur
Le miel suinte sous ma fébrile écorce
Branche suprême qui s'élève en force
A tes seins ô fortune
Lande de chair de lune
Dont la beauté oblige
A leur tendre ma tige
Et sur tes pointes écloses
Un baiser lisse j'ose
De mon bourgeon rose
Une goutte de rosée dépose
Sève sucrée de sureau,
Et toi tu te cambres petit chevreau
Cet hommage ne te laisse pas de marbre
Tes lèvres pétales roses
Achève la métamorphose
En épousant mon arbre...
© Cyr