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Je connais l'angoisse de voir
Sa taille se cambrer dans mes mains insensées,
Ses yeux bleus qui tournent au noir,
Son sourire vaincu, ses narines pincées,
- Et de vouloir l'étreindre et de ne pas pouvoir.

Je mourrai de son corps qui se donne et qui ploie ;
Je mourrai de sa profondeur
Étroite et douce ainsi qu'une amphore de joie,
Et que je ne puis pas blesser comme une proie
Sous mon baiser dominateur.

- Sur ton funèbre lit d'ivresse et de douleur,
À jamais dévouée à ton spasme terrible,
Je mourrai de ton mal, Impossible, Impossible !...
Avec tous les sanglots de Sapho dans le cœur !

© Lucie Delarue-Mardrus

in Nos secrètes amours (éditions Les Isles, 1951)