Partager |

Revenir au matin, maigre, avec les reins vides
Et le regard fiévreux des bêtes en amour ;
Ne pus rien désirer qu'un sommeil noir et lourd
Où se reposeraient les membres invalides ;

Se sentir pâle jusqu'au cœur ; avoir des yeux
Qui gagnent lentement et dévorent les joues,
- Telle, souvent, je sors des deux bras que tu noues
Sur ma vie, O perverse et si blonde aux yeux bleus !

Ah ! finir dans ces bras pleins de vice et de rêve
Par la fureur, l'assassinat, l'éventrement,
Comme une sombre Messaline à bout d'amants,
Possédée et criant de plaisir sous le glaive !...

© Lucie Delarue-Mardrus

in Nos secrètes amours (éditions Les Isles, 1951)